15 juillet 2008
Dragon Rouge #1
Comme je le disais il y a quelques semaines, je suis super content (burp) de trouver des magazines de JDR sur les étals des libraires. je passe mon tour sur le critique de JDR magazine (peut être au numéro 2), mais j'attaque celle de Dragon Rouge.
Dragon Rouge, ça m'a fait un peu comme quand je suis allé voir Hitman au cinéma. Pour schématiser, Hitman, c'est un jeu que j'apprécie beaucoup, avec un héros que je trouve très charismatique et des possibilités de mise en scène sympas au cinéma. Après avoir vu la bande annonce, je me suis dit que ça semblait bourrin, mais après tout, une bande annonce montre souvent les moments les plus testostèronés d'un film d'action, et je m'imginais que toute la subtilité se trouvait au niveau de la partie cachée de l'iceberg (le reste du film). Bref, on paie nos places, on s'installe, et là...horreur ! Production Besson !!! Je fus pris d'une envie folle de quitter la salle, et j'aurai dû, tant ce qu'on y vit fût navrant / bessonesque / piteux. Une si belle license gachée par le tâcheron du cinéma fraçais, et une nouvelle adaptation de jeu vidéo foirée.
En ouvrant Dragon Rouge, je vois qu'on le doit à l'éditeur français de DD4. Vu que rien ne l'annonce comme un produit dérivé de la gamme, et qu'il affiche même un timide article Polaris en couverture, je me dis que ça va aller. J'ouvre et je lis. Critique chronologique.
La couverture reprend celle du player's de DD4, et propose de dépasser les limites du jeu de rôle (!). Le magazine semble faire la part belle à DD4, mais s'annonce généraliste : un article Polaris, et de l'aide de jeu à priori générique, pour monter un perso en vitesse. C'est joli, ça semble pro, mais pas super épais...
On ouvre et, à la place de l'édito et du sommaire attendu, on a un article sur les prochaines sorties JDR. En fait, à la lecture, on s'aperçoit que c'est une page de pub déguisée pour promouvoir les prochaines sorties DD4...La page tournée, on arrive sur l'édito, où on apprend que l'esprit du JDR, c'est de blatter du monstre pour piquer leur trésor et gagner des XP. J'appelle ça l'esprit Diablo moi, mais chacun son point de vue. Le reste est du même tonneau. Le sommaire est pas très explicite. On zappe, de toute façon je vais tout lire.
Deux pages creuses pour dire qu'il y avait la GenCon et le GAMA qui se sont déroulés il y a peu. On apprend pas grand chose, et ça donne ni l'impression d'y être, ni l'envie d'y aller. Suit un questionnaire où on peut gagner...des exemplaires DD4. Vaut mieux avoir accès à une photocopieuse, car la maquette est si intelligente qu'on massacre le mag' si on veut en extraire ledit questionnaire.
Generation rôliste présente l'actualité du moment. C'est mignon, et ça donne pas mal de références en brossant assez large. Le hic, c'est que dans un mag de JDR, on peut s'attendre à des critiques ou des présentations plus exhaustives des sorties JDR plutôt qu'à un descriptif de trois lignes à la volée. Au milieu s'intercale une petite BD, rien de transcendant, mais pas non plus mauvais. J'aime bien les BD dans les mags de toute façon, donc j'ai bien aimé.
On arrive enfin au coeur du magazine, aides de jeu et conseils de fond. Je suis impatient de tourner la page. Il faut croire que l'impatience est un pêché... Avec "Jeu de rôle, mode d'emploi", je m'attendais à une manière simple de décrire le loisir au commun des mortels. Ca se contente de dire que pour jouer, il faut un table, un MJ, des joueurs et un scénar. Puis des dés aussi, et des fiches de perso. C'est très orienté "débutant DD", pas super passionnant donc. En encart, on apprend que l'histoire du JDR a été marqué par les sorties de DD1, Cthuluh, Vampire, DD3 et DD4. C'est light, j'imaginais pas la production si réduite...
Une critique (enfin) de...DD4. C'est de bonne guerre, et on y apprend un peu plus comment ça tourne. Le rédacteur est super content d'annoncer que les persos sont de base des grosbills aux caracs surhumaines, et que c'est vachement bien. Chose amusante, les terme grosbill semble d'ailleurs être un qualificatif élogieux sous sa plume plutôt que d'avoir la connotation péjorative qu'on lui attribue habituellement. On y apprend aussi en gros comment sont gérées les compétences, système à la fois génial et absurde. Au final, malgré l'entousiasme qui transparait dans l'article, ça me donne pas vraiment envie de m'y mettre. Tiens, je cite, hors contexte "Les affrontements se résoudront donc à la manière d'une partie de jeu de figurines avec l'ambiance en plus". L'encadré mettait en exergue la compatibilités entre ledit jeu de figs et le JDR.
Les six pages suivantes sont consacrées à autre chose que DD4. Assez rare pour qu'on le souligne. Au passage, une critique anorexique de Polaris. C'est super roleplay, on est pas obligé de jouer un perso qui tape. Y'a même du background derrièreet plus de 100 compétences. Y'a pas vraiment plus, et je crois même en avoir rajouté. Suit un survol de la production actuelle. On se cantonne aux grosses gammes avec une exhaustivité et des choix assez douteux.
Attention, suivent les parties qui tachent. Le montage de perso en trente minutes est une vaste fumisterie, qui se réduit à décrire comment remplir une feuille de DD4. J'avais l'impression de me retrouver devant une notice de déclaration d'impôt. L'"Etoffe des Héros" renferme des liste de dons à prendre pour faire comme Conan / Aragorn / Legolas / Gandalf / Drizzt. Chaque personnage est décrit en trois lignes qui disent pourquoi il est le plus fort, avant la fameuse liste de dons. C'est assez navrant, et très pauvre. Moi qui croyais qu'Aragorn était ranger, y'en a qui doivent se retourner dans leur tombe. Ce genre d'article achève de me faire penser qu'à DD4, un perso est décrit non pas par son background mais par ses caractéristiques techniques.
L'encart MJ décrit une auberge pas comme les autres. On dirait en effet un croisement entre un épisode de Derrick et une auberge. C'est mou, c'est creux, et on attend le petit plus qui rend le décor unique. On a même droit à un scénar inédit : le fils de l'aubergiste est allé faire le con dans la forêt, et il faut fritter des loups pour le sauver. Les plus âgés ont la chance d'avoir connus de vraies auberges, comme le relais de la Diligence de la Campagne Impériale. Les autres devront se contenter de ça. Heureusement, on à le plan quadrillé de l'auberge en encart pour permettre aux joueurs de se fritter dedans si d'aventure ils sont attérés par une telle absence d'originalité. Les tips au MJ sont probablement la partie la plus gerbante du magazine, notemment cette fameuse phrase où le redacteur conseille de connaitre les caracs des PJ afin de pouvoir savoir si le joueur triche au dés. Sans commentaire. Les conseils en eux mêmes sont assez creux et probablement déstinés aux débutants, mais je m'interroge en ce cas sur le bien fondé de leur indiquer de surligner leur bouquin au stabilo (!) ainsi que les plans et figurines soient indispensables pour les scènes cruciales (!!). Les scénars enfin. Je n'ai pas lu le Polaris, bien qu'on m'aie conseillé de le faire, car il est parait il risible. Le DD quand à lui est un donjon avec trois baston et un village juste à côté pour que les PJ partent de quelque part. Un bond de vingt ans en arrière. Mine de rien, lire un scènar permet habituellement de se faire une bonne idée d'un jeu. Celui pour DD4 confirme bien ce que j'imaginais...
Au final, je suis très déçu par ce Dragon Rouge. Déçu tout d'abord par le fait qu'il n'assume pas la propagande DD4 qu'il opére. On peut le comparer au White Dwarf. Tout deux font sur leurs pages de la pub pour leurs gammes, mais WD s'assume comme tel, alors que Dragon Rouge se présente comme faussement généraliste. Déçu par le fait que, sous pretexte qu'il s'agisse d'un magazine clairement déstiné aux débutants, il présente des articles de fond creux et sans intéret. Ca me fait un peu penser aux emissions pour enfants qui passent des programmes niais en veux tu en voila alors que les enfants seraient parfaitement capable d'accueillir une production de qualité. J'en ai même peur que les débutants soient conditionnés par des conseils de ce genre, obturant ainsi leur vision du loisir.
Je pensais au départ acheter les premiers numéros pour constater l'évolution du magazine. Je pense plutôt que je feuilleterai numéro 2 et vérifierai son sommaire avant de l'acheter.